
Un plan de reprise qu’on peut lire à trois heures du matin
La plupart des plans que nous rencontrons ne sont pas faux, ils sont inutilisables : trop longs, trop vieux, et écrits pour quelqu’un qui sait déjà tout. Voici ce qui doit vraiment figurer dans un plan de reprise informatique, et sous quelle forme.
Six parties qui ne doivent pas manquer
Tout le reste est utile. Ces six-là font la différence entre un plan qui fonctionne et un document qui existe.
- Quand le plan s’appliqueUne phrase qui dit quand on ouvre ce document, et qui peut en décider. Sans elle, il reste fermé pendant la panne même pour laquelle il a été écrit, parce que personne n’ose dire que c’est celle-là.
- L’ordre de repriseQuels systèmes reviennent d’abord et lesquels peuvent attendre, avec la raison à côté. La raison compte plus que l’ordre : l’ordre change, et on peut alors le redéduire au lieu de le réinventer.
- Par système : où se trouve la copieEmplacement, chemin d’accès et détenteur des clés. Y compris la manière d’y accéder quand l’environnement par lequel on se connecte d’habitude est indisponible : c’est la ligne la plus souvent absente.
- Les dépendances entre systèmesCe qui doit tourner avant que le suivant démarre : nommage, licences, certificats, liaisons vers l’extérieur. Cette liste s’écrit d’elle-même la première fois qu’on restaure réellement, et presque jamais avant.
- Des contacts qui vivent hors de l’environnementLes numéros de vos propres équipes, des fournisseurs et de celui qui fournit la ligne. Sur papier ou sur un téléphone, pas dans le système en panne.
- Comment on sait que c’est finiUne vérification par système qui dit qu’il fonctionne vraiment, et pas seulement qu’il est allumé. Sans cela, l’organisation revient sur quelque chose qui tourne à moitié, et la deuxième panne commence.
À quoi on voit qu’un plan est utilisable
Quatre propriétés qui n’ont rien à voir avec le contenu et tout à voir avec le fait qu’il serve ou non.
Il tient en peu de pages
L’essentiel doit tenir en quelques pages, le détail en annexes. Celui qui doit le feuilleter pendant une panne ne le lira pas.
Il est écrit pour quelqu’un d’autre
Pas pour l’ingénieur qui l’a construit, mais pour le collègue d’astreinte. Donc sans abréviations qui n’existent qu’en interne, et avec les étapes écrites.
Il s’ouvre hors de l’environnement
Un plan posé sur le partage de fichiers que vous restaurez n’existe pas à ce moment-là. Une copie imprimée à deux endroits est démodée et fonctionne.
Il porte une date et un responsable
Une personne qui le tient à jour, et une date qui dit son âge. Un plan sans responsable vieillit exactement à la vitesse à laquelle l’environnement change.
Comment le plan reste à jour
C’est l’entretien qui casse les plans, pas la rédaction. Trois moments où il doit changer.
- À chaque changement qui ajoute ou retire quelque choseUn système arrive, un autre part, une interface change : le plan change avec. Cela ne marche que s’il fait partie du processus de changement et non d’un rangement annuel.
- Après chaque répétitionChaque répétition révèle des choses qui se sont passées autrement. Elles entrent tout de suite, car dans trois mois plus personne ne s’en souvient.
- Après chaque panne réelleY compris celles qui se sont bien passées. Surtout celles-là, car on sait alors ce qui a marché et pourquoi, et c’est la partie qui d’ordinaire n’est notée nulle part.
- Lors d’un changement de prestataireAutre société, autres numéros, autres engagements de délai. Un plan qui porte le numéro du prestataire précédent est pire qu’un plan sans numéro.
Pour aller plus loin
Ce à quoi cela se rattache.
Les questions qu’on nous pose
Celles qui reviennent le plus, en bref.
Quelle longueur doit avoir un plan de reprise informatique ?
L’essentiel doit tenir en quelques pages, le détail en annexes. Celui qui doit le feuilleter pendant une panne ne le lira pas, et la longueur devient alors le problème même que le plan devait résoudre.
Où conserver le plan ?
En dehors de l’environnement que vous restaurez. Un plan posé sur le partage de fichiers en panne n’existe pas à ce moment-là. Une copie imprimée à deux endroits est démodée et fonctionne ; une copie sur un téléphone aussi.
Qui doit le tenir à jour ?
Une personne nommée, et la mise à jour doit faire partie du processus de changement et non d’un rangement annuel. Un plan sans responsable vieillit exactement à la vitesse à laquelle l’environnement change.
Laissez-nous essayer de casser le plan
Envoyez-nous ce qui existe aujourd’hui, ou dites-nous ce qui tourne s’il n’existe encore rien. Nous le confrontons aux six parties ci-dessus et disons lesquelles manquent.
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